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Asthme : symptômes, déclencheurs et traitement

L'asthme est une maladie des bronches qui évolue par périodes : on peut passer des mois sans rien ressentir, puis voir les symptômes revenir à l'occasion d'une infection, d'un effort ou d'une exposition particulière. C'est cette alternance qui fait que beaucoup de personnes sous-estiment leur asthme et jugent leur état sur les bons jours plutôt que sur les mauvais. Cette page explique ce qui se passe dans les bronches, comment reconnaître un asthme mal contrôlé, et ce qui relève d'un examen que nous ne faisons pas à distance.

Ce qui se passe dans les bronches

L'asthme associe deux phénomènes. Le premier est une inflammation de la paroi des bronches, présente même en dehors des crises. Le second est une contraction du muscle qui entoure ces bronches, qui survient par épisodes et réduit brutalement le passage de l'air.

Cette distinction n'est pas théorique : elle explique pourquoi deux traitements très différents coexistent. L'un agit sur la contraction et soulage en quelques instants. L'autre agit sur l'inflammation, ne se sent pas et ne sert à rien si on l'attend au moment de la gêne.

Comprendre cela change la manière dont on prend son traitement, et c'est souvent là que se joue la différence entre un asthme calme et un asthme qui revient sans cesse.

Les signes, y compris ceux que l'on ne rattache pas à l'asthme

Le tableau classique associe une respiration sifflante, une oppression de la poitrine, un essoufflement et une toux. Tous ne sont pas présents en même temps, et certaines formes se manifestent presque uniquement par une toux sèche qui traîne, surtout la nuit ou après un effort.

Le caractère variable est plus informateur que le symptôme lui-même. Une gêne qui va et vient, qui se réveille la nuit, qui apparaît à l'effort ou au contact d'un animal, oriente davantage qu'une gêne permanente et identique tous les jours.

Chez l'adulte, un asthme peut aussi se déclarer tardivement, sans antécédent dans l'enfance. L'idée que l'asthme est une maladie qui commence toujours jeune fait retarder des diagnostics.

Les déclencheurs varient d'une personne à l'autre

Les infections respiratoires, l'effort, l'air froid, la fumée de tabac, les acariens, les pollens, les poils d'animaux et certaines odeurs fortes figurent parmi les déclencheurs les plus souvent rapportés. La liste n'a d'intérêt que rapportée à vous : ce qui compte est celle que vous constatez, pas celle qui existe en général.

Noter ce qui précède les épisodes pendant quelques semaines apporte plus qu'une longue discussion sur les causes possibles. C'est aussi ce qui permet d'agir sur l'environnement plutôt que d'augmenter les médicaments.

Certains médicaments peuvent également aggraver un asthme chez une partie des patients. Si vous avez déjà constaté une gêne après une prise, signalez-le : c'est une information que le médecin ne peut pas deviner.

Traitement de crise et traitement de fond : la confusion la plus fréquente

Le traitement de crise ouvre les bronches rapidement. Il se prend au moment de la gêne et son effet est net. Le traitement de fond agit sur l'inflammation, se prend régulièrement, et ne produit aucune sensation immédiate.

De là vient une erreur très répandue : puisque le traitement de fond ne se sent pas, il est abandonné dès que l'asthme se calme. Or c'est lui qui maintient ce calme. Le traitement de crise, lui, donne l'impression de suffire, jusqu'au jour où il ne suffit plus.

Le choix du produit, de la forme et du rythme appartient au médecin et dépend de la fréquence des symptômes, des réveils nocturnes et de la tolérance à l'effort. Nous ne publions pas de schéma de doses sur cette page : la posologie est fixée individuellement et figure sur la notice de votre propre traitement.

Comment savoir que l'asthme n'est pas contrôlé

Plusieurs signaux valent mieux qu'une impression : des symptômes en journée de manière répétée, des réveils nocturnes liés à la respiration, une limitation dans les activités habituelles, et surtout un recours de plus en plus fréquent au traitement de crise.

Ce dernier point est le plus utile, parce qu'il se compte. Un inhalateur de secours qui se vide plus vite qu'auparavant est une information objective, et c'est souvent elle qui doit déclencher une consultation plutôt qu'un simple renouvellement.

Un asthme non contrôlé n'est pas seulement inconfortable : il expose à des épisodes plus sévères. C'est la raison pour laquelle l'augmentation du traitement de secours ne doit pas devenir une habitude silencieuse.

La technique d'inhalation décide d'une partie du résultat

Un inhalateur mal utilisé délivre une part du produit dans la bouche et la gorge au lieu des bronches. Le patient a alors l'impression que le traitement est inefficace, alors que c'est la voie d'administration qui échoue.

La technique diffère selon le dispositif, et un dispositif que l'on maîtrise vaut mieux qu'un dispositif théoriquement supérieur. Le pharmacien peut faire vérifier le geste : c'est une des demandes les plus utiles que l'on puisse lui adresser, et elle ne coûte rien.

Le rinçage de la bouche après certains traitements inhalés fait aussi partie du geste. Les consignes propres à votre produit figurent sur sa notice.

Quand il faut agir sans attendre

Une gêne respiratoire qui s'aggrave rapidement, une difficulté à parler en phrases complètes, des lèvres ou des extrémités qui bleuissent, ou un traitement de crise qui ne produit plus l'effet habituel relèvent de l'urgence, pas d'un questionnaire en ligne.

Dans ces situations, il faut appeler les secours ou se rendre immédiatement dans une structure d'urgence. Aucun service à distance, le nôtre compris, ne peut évaluer une détresse respiratoire.

Le reste du temps, le suivi régulier avec un médecin qui vous examine reste la base. Notre rôle se limite à la continuité d'un traitement déjà instauré, et il est décrit sur /asthme-et-bronches/.

L'asthme de l'enfance disparaît-il à l'âge adulte ?

Chez une partie des personnes, les symptômes s'atténuent nettement avec l'âge, au point de passer inaperçus pendant des années. Cela ne signifie pas toujours que la maladie a disparu : elle peut se manifester à nouveau à l'occasion d'une infection, d'une grossesse ou d'une exposition particulière. Un asthme ancien mérite donc d'être mentionné au médecin même s'il ne vous gêne plus.

Peut-on faire du sport avec un asthme ?

Oui, et c'est même souhaitable dans la plupart des cas. Un asthme bien contrôlé ne doit pas empêcher l'activité physique. À l'inverse, une gêne systématique à l'effort est un signe que le contrôle est insuffisant et qu'il faut en parler, plutôt que de renoncer au sport.

Mon inhalateur de secours ne fait plus autant d'effet, que faire ?

C'est un signal à prendre au sérieux et à ne pas compenser par des prises plus fréquentes. Il faut consulter un médecin qui puisse vous examiner, car cela traduit le plus souvent un asthme insuffisamment contrôlé, parfois une technique d'inhalation à corriger. Si l'effet disparaît au cours d'un épisode aigu, il s'agit d'une urgence.

Faut-il prendre le traitement de fond même quand tout va bien ?

C'est précisément son principe : il agit sur l'inflammation de fond et son effet ne se ressent pas. L'arrêter parce que les symptômes ont disparu revient à retirer ce qui les maintient à distance. Toute modification doit venir du médecin qui suit votre asthme.

Puis-je obtenir ici le renouvellement de mon traitement ?

La question de la poursuite d'un traitement déjà instauré peut être examinée à partir d'un questionnaire, à condition que le diagnostic ait été posé par un médecin qui vous a examiné et que votre situation soit stable. Nous ne posons pas de premier diagnostic d'asthme à distance : cela demande un examen et des mesures respiratoires. Le médecin décide seul, et peut refuser.

Le pharmacien au Luxembourg peut-il refuser un document venu d'un autre pays ?

Oui. La délivrance relève de l'appréciation du pharmacien, qui peut refuser s'il a un doute sur l'authenticité, le contenu ou la lisibilité du document, ou si le médicament n'est pas disponible sous cette forme au Luxembourg. Une ordonnance transfrontalière ne crée pas d'obligation de délivrance.